Les Enjeux de l'eau

  Partage de la ressource en eau


Les eaux souterraines
Les ressources en eau souterraines sont réparties de manières hétérogènes sur le bassin versant.Elles sont faibles sur l'amont cristallin et peu développées dans la partie médiane du bassin.A l'inverse, deux grands secteurs recèlent d'importantes réserves aquifères :

  • Les karsts qui se développent sous les grands causses amont contiennent des ressources intéressantes.
  • La nappe alluviale de l'Hérault qui accompagne le fleuve depuis Canet jusqu'à la mer.

Ces réserves souterraines sont d'importance stratégique à l'échelon départemental voire régional, puisqu'elles constituent des ressources actuelles et potentielles pour la production d'eau potable permettant d'alimenter les populations bien au-delà des limites du bassin versant.

Des cours d'eau marqués par un étiage méditerranéen sévère
Les ressources superficielles sont également très hétérogènes. Sur la quasi-totalité des cours d'eau, l'étiage est très marqué, conséquence du climat méditerranéen particulièrement sec en période estivale.
Les faibles débits entraînent une fragilité des milieux aquatiques, très vulnérables à toute pression pendant cette période.
La Vis fait figure d'exception : alimentée par des résurgences karstiques, elle conserve un débit d'étiage soutenu grâce auquel s'est développé un milieu aquatique d'une qualité exceptionnelle.

La production d'eau potable
Les ressources souterraines sont exploitées pour la production d'eau potable. La nappe alluviale de l'Hérault subit le prélèvement le plus important puisqu'elle alimente plus de 500 000 personnes l'été, dont la plupart se situe hors du bassin versant, sur la frange littorale jusqu'aux portes de Montpellier.
Pour certains secteurs, des pénuries potentielles sont à craindre du fait de la rareté de la ressource (secteur gardois, bassin de Lodève et moyenne vallée principalement).

L'irrigation
Les cultures irriguées se développent sur 3 secteurs principaux :

  • les fonds des vallées cévenoles (cultures maraîchères, fruitières et prairie),
  • la plaine de Gignac (vigne et céréales),
  • la basse plaine de l'Hérault (vigne, céréales et cultures maraîchères).


Au total, plus de 10 000 ha de cultures sont irriguées avec l'eau du bassin versant.
Le maintien de l'agriculture, en partie irriguée, en zone cévenole comme en zone de plaine est un élément important pour le maintien du tissu rural et de l'identité marquée de ces territoires.

Quelle gestion de la ressource en eau pour demain ?
L'augmentation de la population sur le bassin versant entraîne une hausse des besoins en eau potable. Les schémas prospectifs départementaux montrent que sur le secteur cévenol, la vallée de la Lergue, la moyenne et basse vallée, les équipements actuels s'avèrent insuffisants pour alimenter l'ensemble de la population.

La satisfaction des besoins futurs en eau potable se pose clairement comme un enjeu stratégique pour le bassin.

Le maintien d'une agriculture irriguée, richesse économique et patrimoniale est également un enjeu de premier ordre, tant pour la zone cévenole que pour la plaine viticole. Le potentiel d'irrigation, qui permet la diversité culturale est essentiel dans le contexte de crise viticole actuelle.

Enfin,la préservation des ressources souterraines et superficielles conditionne la qualité des milieux aquatiques et des activités qui en dépendent. Un bon état quantitatif des ressources en eau est nécessaire à ces milieux. En effet, ceux-ci devront répondre d'ici 2015 aux exigences de qualité fixées par la directive cadre européenne sur l'eau, et permettre de satisfaire les usages de loisirs (baignade, canoë…) dont dépend fortement le secteur du tourisme intérieur.
L'enjeu global porte bien sur l'ensemble de la gestion quantitative de la ressource sur le bassin, qui doit être planifiée, sous peine de voir un déséquilibre s'installer ou s'amplifier entre les trois pôles : AEP - irrigation - milieu naturel.